05.10.2007
Donner une canne à pêche est facile...
« C’est périlleux de ne pas tomber dans un schéma paternaliste, d’éviter le rôle du blanc qui sait et qui veut imposer ce qu’il sait, de réussir à nouer une relation de partenaire.
Donner une canne à pêche est facile. Apprendre à pêcher, et donc à travailler est mille fois plus constructif, mais exige tellement de doigté ! »
Antoine Malafosse, nouveau directeur du Comité Catholique de lutte contre la Faim et pour le Développement (CCFD).
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28.09.2007
L’embarras du choix
Dans la salle d’attente d’un notaire, des brochures, présentées en désordre parmi des programmes de promotions immobilières, me proposaient de faire un legs.
Il y en avait 17, toutes aussi attractives, avec des slogans émouvants et parfois des causes que je ne m’attendais pas à trouver là :
- Avec la Fondation de France : inscrivez votre nom dans l’histoire de la générosité
- Fondation Claude Pompidou : offrez un présent aux générations futures
- Pour que demain soit plus humain, choisissez de léguer au Secours Populaire Français
- Léguez ce que vous avez de plus cher : votre liberté d’expression en faveur d’Amnesty International
- Unicef : un avenir en héritage pour tous les enfants
- Ma maison : Petites Sœurs des Pauvres
- Luttons contre la pauvreté sous toutes ces formes avec Saint Vincent de Paul
- Au soir de votre vie que ferez vous de votre bien ? Fondation d’Auteuil
- Aidons les aveugles et malvoyants à rompre leur isolement avec l’Association Valentin Haüy
- Les personnes autistes ont besoin de vous avec Sésame Autisme
- Citoyenneté, générosité, bon sens avec Education et Joie
- Pour vaincre la trisomie 21 avec la Fondation Jérôme Lejeune
- Pour qu’avenir rime avec sourire : Œuvre des Pupilles et Orphelins des Sapeurs Pompiers
- Faites des orphelins les héritiers de votre générosité avec l’Orphelinat Mutualiste de la Police Nationale
- Un geste d’amour en héritage avec Médecins du Monde
Il faut «offrir» un choix. Tout le monde a le droit de s’exprimer et chacun peut le faire à sa façon …mais je ne m’attendais pas à toutes ces propositions…
Jean-Paul Jacquart
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17.09.2007
Le Micro crédit : un moyen et non une fin
Nous assistons aujourd’hui à un emballement médiatique sur les effets possibles du micro crédit dans les pays du sud. Sont appelés ainsi tous les produits financiers de faible montant, les prêts, les fonds de garantie, les apport de fonds propres, voire le conseil en micro finance et l’audit….On ne sait plus de quoi on parle tout en laissant entendre qu’on éradique la pauvreté par le seul fait de prêter de l’argent. C’est attendre beaucoup de lui avec le risque prochain d’être déçu et de jeter rageusement le bébé avec l’eau du bain. Le micro crédit est un moyen pas une fin. En tant que moyen il permet l’accès aux services financiers pour ceux qui sont exclus du système bancaire pour des raisons d’absence de garantie, de coût élevé de traitement de leur dossier ou d’exclusion économique et sociale.
Dans les pays du sud, deux types d’emprunteurs très différents peuvent être concernés ce qui engendre une confusion totale que nous voudrions éclaircir :
- Les uns, parmi les plus pauvres, appelons les micro emprunteurs, empruntent pour la première fois 30 à 50 euros sur des cycles de 4 ou 5 mois. Le prêt remboursé autorisera un nouveau cycle permettant éventuellement au bout de 6 ou 7 fois d’atteindre 200 euros. Originalité, ces prêts sont obtenus le plus souvent sans épargne préalable, sans garantie et généralement accordés à des groupes qui se soutiennent mutuellement et se forment pour la circonstance.
- Les seconds, les petits entrepreneurs, empruntant de 300 à 1000 euros. Il s’agit de prêts individuels classiques avec épargne préalable, garantie personnelle, prêts accordés sur une durée d’un an ou deux. On comprend que les pauvres en sont exclus ne serait ce qu’au titre de l’épargne préalable habituellement demandée.
Ces deux types d’emprunteurs font partie de populations diamétralement différentes : Le micro emprunteur, potentiellement le plus nombreux, est quelqu’un d’extrêmement démuni qui survit de petites rentrées d’argent successives et aléatoires : vendre quelques tomates cultivées sur un lopin de terre, louer ses bras au moment d’une récolte, revendre du charbon de bois, aider un voisin lors d’une fête. Sa famille composée de 6, 7 personnes survit avec l’équivalent d’un euro par jour ce qui dans les cas extrêmes ne lui assure qu’un seul repas. L’épouse n’a qu’un ou deux euros d’avance et ne sait pas de quoi demain sera fait. Etre pauvre c’est certes n’avoir que de petites rentrées d’argent, mais c’est surtout vivre dans la précarité, percevoir irrégulièrement cet argent, et dépendre des usuriers. Les 30 ou 50 euros du premier micro crédit vont constituer une sorte de fonds de roulement, une réserve qui va lisser les entrées futures et ainsi rassurer sur l’avenir, puisqu’on a devant soi de quoi acheter 100 kilos de riz. Prendre le risque d’un petit « investissement » est alors possible. Entendons nous : il s’agit au début d’acheter des poussins ou des canetons pour créer rapidement un revenu complémentaire, d’élargir son petit étal, d’acheter une grille pour fumer du poisson, de disposer d’une machine à coudre d’occasion ou d’acheter moins cher le manioc qu’on va transformer. Beaucoup, au fur et à mesure de remboursements réussis, quitteront ainsi une économie de survie et passeront d’un emploi aléatoire à une activité plus régulière. Quelques uns deviendront mêmes petits entrepreneurs, quittant l’économie informelle pour prendre pignon sur rue. Effet secondaire et non des moindres, ce micro crédit touche essentiellement des femmes et à ce titre contribue à un changement social en provoquant une émancipation de celles-ci dans des sociétés où souvent elles n’ont pas leur mot à dire.
Ne confondons pas l’emprunteur d’un micro crédit de 30 euros et le petit entrepreneur empruntant 800 euros.
A l’inverse le petit entrepreneur qu’il soit artisan, commerçant, agriculteur, dispose déjà d’un revenu assez régulier. Sa famille mange deux fois par jour. Quand il emprunte de 300 à 1000 euros, ce qu’on appelle aussi, malheureusement, un micro crédit, son objectif est économique. Il veut développer son outil de travail et va acheter un poste à souder s’il est mécanicien, une moto pour faire le taxi, un motoculteur pour développer son maraichage, des zébus pour cultiver une plus grande rizière, une pirogue et son moteur pour pêcher au large. Si tout va bien il pourra embaucher un apprenti qui le secondera. Certains passeront du stade de l’artisanat au stade de la petite entreprise employant quelques salariés. Ils pourront alors devenir client d’une banque privée et obtiendront un crédit classique.
Soyons donc réaliste : face à une pauvreté endémique le micro crédit ne pourra pas tout faire. Il ne peut pas insuffler le développement en finançant de grands travaux qui amélioreront les échanges ni se substituer à l’éducation ou à la mise en place d’une politique de santé, ni compenser les effets pervers des risques climatiques. Il ne peut pas optimiser l’exploitation des richesses du pays, défendre auprès de l’OMC les intérêts locaux des producteurs de coton, de riz, de sucre ou de volailles, veiller au respect de la propriété privée, s’opposer à la corruption, créer de grands flux à l’exportation, générer un climat de confiance en l’avenir. Bien sûr, l’idéal pour beaucoup serait de disposer d’un emploi salarié…mais n’est ce pas illusoire dans de nombreux pays ? En attendant, il aide des gens à manger, ici et maintenant. Certes, il faut veiller à ce qu’une offre démesurée de crédit n’engendre pas un dramatique surendettement. Certes, il ne faut pas penser comme les néo libéraux que le micro crédit va permettre de mettre fin à tout programme d’aide sociale gouvernementale. Mais ne faut-il pas préférer cette forme d’aide à l’assistanat à vie, à certains programmes de développement qui supposent une maintenance dont les pays n’ont pas toujours les moyens ?
Allons plus loin. Pour le petit entrepreneur pouvoir disposer d’un micro crédit de 800 euros c’est disposer d’un moyen de financement. Il s’adressera à un institut de micro finance de forme mutuelle, coopérative ou solidaire avant que les banques privées ne s’intéressent à leur tour à ce marché devenu mature à leurs yeux. Certaines de ces institutions auront des millions de clients comme Bancosol en Bolivie, Bri en Indonésie, Acleda au Cambodge et la non moins médiatique Grameen Bank au Bangladesh. Si leur gestion est professionnelle il n’y a aucune raison que les intérêts ne couvrent pas aujourd’hui ou demain les frais administratifs et l’activité de prêts peut être équilibrée ou rentable. Vous serez surpris d’apprendre que 70 % des 300 millions de micro crédits accordés concernent cette catégorie d’emprunteurs qui, eux, sont sortis de la précarité, même s’ils ne roulent pas sur l’or. Peut être embaucheront-ils quelques salariés et tout au moins ils seront clients de l’activité informelle, contribuant à faire effet boule de neige.
Il est urgent d’apporter notre aide financière aux ONG qui prêtent et accompagnent les micro emprunteurs défavorisés.Il faut donc s’intéresser à la première catégorie que nous avons appelée micro emprunteurs de prêt de 30 à 200 euros, plus dans la survie que dans la vie. Ils ne représentent que 20 à 30% des prêts précédents. Pourquoi n’y a-t-il pas plus d’Ong ou d’Institut de Micro Finance s’intéressant à eux en proposant prêts, service éventuel de préservation de la petite épargne, assurance vie, assurance santé ? Pour plusieurs raisons : un simple prêt ne suffit pas à la réussite, il faut former l’emprunteur, l’accompagner, faire le point toutes les semaines… Puisque ce sont surtout elles qui empruntent, il faut former les femmes à d’autres métiers que ceux, classiques, du commerce et de la petite restauration. Nous ne sommes plus dans une pure activité économique de distribution de crédit mais dans une activité d’accompagnement du développement personnel. Il est nécessaire de conjuguer deux métiers, celui de banquier mais aussi celui de formateur. C’est plus compliqué que de simplement prêter et on ne peut se contenter d’une politique de marketing pure et dure qui ferait ouvrir des agences de micro crédit les unes derrière les autres. Il en découle, que ces Ong, si elles se consacrent à cette population, sont doublement et durablement déficitaires puisqu’elles supportent les frais administratifs de prêts de très faible montant et mettent à disposition un service onéreux d’assistance. Elles sont donc dépendantes des pays du nord, non seulement pour disposer de fonds en capital nécessaire pour générer leurs prêts, mais surtout de subventions de fonctionnement pour équilibrer leur budget. Il n’est jamais agréable ni flatteur pour un gestionnaire d’Ong de ne pas savoir de quoi demain sera fait et d’être dans la dépendance de fonds provenant d’institutions, de fondations ou de donateurs privés. Il faut à ces missionnaires des temps modernes une bonne dose d’altruisme et d’abnégation. Voilà pourquoi nombre d’entre eux se font débaucher pour travailler dans le monde purement économique. Voilà pourquoi de nombreuses Ong quittent le milieu des micros emprunteurs pour se développer dans celui, bien plus facile, des petits entrepreneurs. Voilà pourquoi surtout l’aide internationale devrait être concentrée sur ce type de micro crédit
Quant à nous, membres du Don Boule de Neige, conscients d’être privilégiés nous nous sommes regroupés dans une association qui refusant l’assistanat, apporte fonds et soutien à ces ONG, en capital mais aussi en fonctionnement. C’est indispensable pour leur permettre de rester sur l’attribution de prêts aux plus pauvres, d’assurer leur accompagnement et en cela de faire du micro crédit un véritable levier au service des plus démunis.
Jean Paul Jacquart
Le Don Boule de Neige
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05.09.2007
Informer les donateurs sur les enjeux de l'humanitaire
« Informer, éduquer les donateurs sur les enjeux de l’humanitaire: je souscris entièrement à ce programme ! Mais faisons-le en situation, à partir de problèmes concrets. Que ne l'a-t-on fait au moment du tsunami de décembre 2004! Lors de cette catastrophe naturelle qui a suscité l'élan de générosité que l'on sait, on s'est contenté d'aller dans le sens du courant médiatique, de l'émotion, de l'affectif, sans aucune réflexion ! Seule comptait la succession des chiffres, ceux des victimes et ceux des dons. Au lieu de dire que, dans ce genre de catastrophe naturelle, les gens meurent sur le coup, et qu'il y a, malheureusement, peu à faire après, on a inventé des besoins qui n'existaient pas. On a parlé de risques d'épidémies mortelles, de flux de réfugiés, d'enlèvements d'orphelins, le tout cautionné d'ailleurs par de grandes agences des Nations unies. C'était faux. On a martelé les nécessités de l'urgence en oubliant d'expliquer qu'il fallait prendre le temps de l'évaluation. On a occulté les secours portés par les organisations locales: voisins, secouristes, services des États concernés, pour mettre uniquement le projecteur sur l'aide internationale, celle des agences de l'ONU et des ONG. Quand Médecins sans frontières, quelques jours après la catastrophe, ayant fait le compte de ses besoins, a demandé l'arrêt des dons, cela a provoqué une levée de boucliers! Bien sûr, je comprends parfaitement qu'à ce moment-là d'autres ONG, notamment les ONG de développement, aient eu d'autres besoins, mais justement: cette médiatisation aurait dû permettre de mieux expliquer le rôle et les logiques de chacun. L'occasion a été ratée! »
Rony Brauman président de Medecins sans Frontières de 1982 à 1994
08:25 Publié dans Echange sur les bonnes pratiques en matière de mic | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.07.2007
Quelques chiffres sur le micro crédit
Selon le Microfinance Informatique Exchange et paru dans Le Monde du 16 novembre 2006
1265 institutions de micro finance dans le monde :
- 343 en Amérique du sud et Caraïbes
- 343 en Asie du Sud
- 289 en Afrique
- 153 en Europe de L’est et Asie Centrale
- 131 en Asie de L’Est et Pacifique
- 34 en Afrique du Nord et Moyen-Orient
209 de ces IMF seraient rentables individuellement
Les emprunteurs ne seraient que 102 millions loin des 500 millions claironnés par certains avec :67 millions d’emprunteurs en Asie du sud
- 20 millions en Asie du Sud
- 6 millions en Amérique du sud
- 6 millions en Afrique
- 1 million en Europe de l’Est
- 1 million en Afrique du Nord et Moyen Orient
85% des emprunteurs seraient donc des asiatiques. Ces emprunteurs représenteraient moins de 5% de la population exclue du crédit.
Total des prêts : 13,6 milliards de dollars… c’est peu, rapproché aux dépenses d’armement dans le monde
Avec les prêts moyens suivants :
- 307€ en Afrique
- 353€ en Asie
- 895€ en Amérique Latine
- 1049€ en Europe de L’Est
- 2500€ en France
On est loin du micro crédit aux plus pauvres qui dans les pays du sud peut être estimé à 100€ !
Pourcentage de la population bénéficiant d’un micro crédit
- 9,2% au Bangladesh
- 8,10% en Mongolie
- 4,4% en Bolivie
- 4,10% en Bosnie
- 3,50% au Cambodge
76% les institutions politiques (gouvernements et institutions internationales publiques)
16% les ONG internationales
8% les fonds d’investissements et les fondations
Jean-Paul Jacquart
20:20 Publié dans Echange sur les bonnes pratiques en matière de mic | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.07.2007
Mesure des performances sociales du micro crédit
Le micro crédit est aujourd'hui à la croisée des chemins. Si les ONG pratiquant le micro crédit ont montré leur capacité à offrir de façon durable aux exclus des services financiers diversifiés et adaptés, elles sont interrogées maintenant sur la façon dont elles définissent leur mission sociale et la mettent en pratique dans leur mode de gouvernance (actions spécifiques, système d'information et de gestion, etc.)
Plusieurs raisons à ces préoccupations récentes:
1- la priorité donnée aux performances financières ,justifiée par la volonté de pérenniser l'accès aux services financiers, éloigne parfois les ONG de leur mission sociale initiale. On observe dans certains cas des dérives et crises, telles que des glissements de cible ou encore le surendettement des clients. Le mouvement actuel de privatisation de la micro finance avec une implication accrue de banques et financeurs privés pose la question du devenir des performances sociales……
2- La micro finance est trop souvent présentée comme un outil miracle de lutte contre la pauvreté et beaucoup de critiques s'élèvent aujourd'hui face au décalage entre ses effets attendus très nombreux et ses effets réels. Le secteur de la micro finance réagit donc et se dote progressivement d'outils de mesure qui permettent de donner une vision objective des performances sociales.
Plusieurs initiatives se sont ainsi développées en parallèle ces dernières années, parmi lesquelles :
1- *L'outil de mesure des performances sociales (SPI) développé par le réseau CERISE en lien avec un ensemble de praticiens du Nord et du Sud, destiné à apprécier la pertinence et l’efficacité des actions et des moyens que l'institution consacre à ses objectifs sociaux. La mise au point de cet outil a permis pour la première fois la formulation d'un cadre conceptuel des performances sociales
2- *L'outil de gestion des performances sociales (SPM), développé par le Consortium Imp-Act et qui vise à accompagner les IMF dans l'amélioration de leur impact social.
Le développement de ces initiatives a conduit à un travail d'échanges et de coordination de l'ensemble du secteur. Deux groupes de travail ont ainsi été initiés, en 2005 : Le premier (Social Performance Task Force) réunit un ensemble d'acteurs intéressés par les performances sociales dans la micro finance (praticiens, chercheurs, bailleurs de fonds, investisseurs, agences de notation) et vise à développer les échanges sur le sujet. Le second, organisé par les bailleurs de fonds (CGAP Donor Working Group on Social Performance) doit renforcer la coordination de ces derniers autour de la prise en compte des performances sociales et travailler sur un étalonnage d'indicateurs.
Ces groupes de travail ont abouti à une définition commune des performances sociales en micro finance. Cette définition élargit le concept de performance sociale au-delà du simple ciblage des pauvres pour intégrer les notions de responsabilité sociale et de développement des capacités…
Retrouvez l'intégralité du coup de projecteur "Mesure des performances sociales : où en est-on ?" sur la page d'accueil du site www.lamicrofinance.org
ou en cliquant sur
http://www.lamicrofinance.org/content/article/detail/1996...
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03.06.2007
Micro crédit en deçà, micro crédit au-delà
Quelques comparaisons à l’occasion de la semaine française du micro crédit
En France on distingue deux types de micro crédit :
1 - Le micro crédit dit social qui finance une insertion ou une réinsertion et non une micro entreprise. Pour le moment il représenterait de l’ordre de 500 prêts ,type prêts d’honneur. Trop récents ,on n’en connaît pas l’aide à l’insertion ni le taux de remboursement.
2 - Le micro crédit économique dit professionnel
C’est celui que nous soutenons dans les pays du sud. Il représente en France 17.000-18.000 prêts pour le moment. Les organismes qui le distribuent avouent manquer d’emprunteurs ,porteurs de véritables projets, conséquence probable d’un environnement qui à ce jour n'incite pas à prendre des risques, à sortir de l’assistanat . Il est significatif de constater que ce type de micro crédit a plus de candidats dans les pays où nous intervenons, l’assistanat y étant plus épisodique…
Pour l’Adie principal diffuseur en France, le taux de remboursement est de 93,1%. C’est bien moins que les taux que nous constatons ,plus proches de 95-96% voire de 99% un an après l’échéance dans les ONG comme Cefor à Antananarivo.
Bien que les microcrédits soient d’un montant plus élevé, les organismes qui les dispensent en France ne couvrent pas les frais de distribution et encore moins les frais d’accompagnement qui sont totalement subventionnés par les organismes publics. C’est aussi ce que nous constatons, ce qui justifie que nous aidions en apport de crédit mais aussi en subvention de fonctionnement….Faute de quoi les ONG du sud ne prêteraient plus aux plus pauvres.
Jean-Paul Jacquart
Cf. article sur le micro crédit Les Echos 22 mai 2007
08:05 Publié dans Echange sur les bonnes pratiques en matière de mic | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.05.2007
UNE IDÉE POUR AGIR
Le
microcrédit
adapté
aux paysans
« La pauvreté n’est pas une fatalité. Les personnes démunies, si elles sont accompagnées dans leur démarches, peuvent sortir de leur misère ». Cette conviction chevillée au corps, Jean-Paul Jacquart a fondé en 2003 l’association de microcrédit le Don Boule de Neige à Caumont-sur-Durance (Vaucluse). L’action est volontairement centrée sur trois pays, le Bénin, le Cambodge et Madagascar, « des pays francophones parmi les plus pauvres ».
L’association finance huit actions de prêts, relayées sur le terrain par sept ONG locales. Il s’agit de prêts individuels, en argent ou en nature (veaux, abeilles, lapins..) aux paysans qui veulent démarrer une activité d’élevage. « Ils empruntent des vaches dont ils sont propriétaires au bout de trois ou quatre ans, lorsqu’ils ont remboursé l’ONG en veaux. Une fois vendus, ces derniers servent à acheter des vaches pour d’autres familles » explique Jean-Paul Jacquart.
Par ailleurs l’association finance des projets collectifs dans lesquels chacun s’engage à être caution solidaire. Ainsi 200 Béninoises, réunies dans 10 groupements, ont créé leur activité de transformation de manioc. Chaque prêt est accompagné d’une aide (gestion pour les prêts monétaires, vétérinaire pour les prêts d’animaux), afin de responsabiliser les emprunteurs.
En trois ans, l’association vauclusienne a ainsi financé près de 2500 microcrédits d’une valeur de 110000 €. Montant moyen des emprunts : 42 € remboursés à 97%. Tous les deux ans, les donateurs se rendent sur place à leurs frais pour vérifier l’avancée des projets. « C’est essentiel. Nos donateurs savent de quelle façon leur argent est géré, et les bénéficiaires que les prêts ne sont pas anonymes » affirme Jean-Paul Jacquart.
Pour mieux faire connaître son action l’association a fondé deux comités régionaux à Lille et à Paris, et en prévoit d’en fonder quatre autres cette année. Objectif : passer de 270 donateurs à 400 donateurs et s’ouvrir à son quatrième pays Le Niger ou le Mali, « où les besoins sont importants ».
CORINNE ROYER
(à Marseille)
Article du 10 mai 2007 - journal la Croix
Association don boule deneige
Tél. 04 90 23 19 91
08:20 Publié dans Echange sur les bonnes pratiques en matière de mic | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.04.2007
Le micro crédit : Témoignage et le pari de son fondateur Muhammad Yunus
« Mes parents m’ont donné naissance, la Grameen Bank(*1) m’a donné la vie», assure Mosammat Taslima Begum, administratrice de cette banque. Avec un prêt d’une vingtaine de dollars, cette Bangladaise acheta une chèvre et sortit ainsi de la misère.
Elle le doit à Muhammad Yunus, économiste du Bangladesh. En 1983 choqué par le refus des institutions traditionnelles de prêter aux déshérités, celui-ci décida de fonder la Grameen Bank. Transgressant les préjugés économiques politiques et religieux, il prêta de l’argent aux plus démunis des démunis, en priorité aux femmes, à ceux qui n’offrent aucune garantie de remboursement, leur redonnant le courage et la dignité pour lancer leur petite entreprise.
Aujourd’hui, dans le monde entier, de multiples organismes s’inspirent avec succès de ses principes et les développent, permettant à plusieurs millions de personnes d’échapper à l’extrême pauvreté.
Muhammad Yunus « le banquier des pauvres » a reçu le prix Nobel de la Paix pour son action.
Michel Roquejeoffre
*1 « La banque des villages »
« Vers un monde sans pauvreté » par Muhammad Yunus, JC Lattès 346p, 19,75€
Article nouvel observateur du 11-17 janvier 2007
07:00 Publié dans Echange sur les bonnes pratiques en matière de mic | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08.03.2007
Comparaison des pratiques du micro crédit entre la France et les pays du Sud
| France | Pays du sud | |
| Objectifs des emprunteurs | Sortir de l’artisanat Réaliser ou officialiser un projet Exister socialement | Survivre en réalisant un projet Améliorer peu à peu ses conditions de vie Apprendre ensemble. Exister socialement |
| Comment | La démarche est individuelle | La démarche est souvent collective |
| Montant du 1er emprunt | 1000 à 5000 € | 30 à 50 euros |
| Durée du 1er prêt | Jusqu’à 2 ans | 4 à 6 mois |
| Puis | Renouvelable | Pouvant progressivement aller à 300-400 euros |
| Taux d’intérêt annuel | 8% à 10% | 18% à 36% selon l’inflation |
| Conditions requises | Projet économiquement variable 50 % de caution Ne pas avoir de possibilité de crédit bancaire | Projet économiquement variable Eventuellement cautionnement mutuel |
| Accompagnement | Etude du projet Examen de la situation financière Accompagnement | Etude du projet Examen de la situation personnelle et financière Accompagnement |
| Maintien ou ouverture à d’autres avantages | Maintien Provisoire du Rmi Possibilité de l’Agefipet et de l’Accre | Gestion de l’épargne Micro assurance vie
|
On voit très bien si je puis dire à partir de ce tableau que l’on n’est pas dans le même environnement :
o En France il s’agit de sortir de l’assistanat et ainsi de se réaliser. Est-ce l’explication du manque de candidat à l’emprunt micro crédit ?
o Dans les pays du Sud il s’agit de survivre en comptant sur soi-même !
Jean-Paul Jacquart
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